Zeruan

Compositeur.trice: María Eugenia Luc
Minutage:
10:00

Zeruan (qui signifie « Au ciel » en basque), achevé en 2020. Dans cette œuvre, María Eugenia Luc explore le potentiel sonore unique du saxophone afin de façonner une idée conceptuelle initiale : le ciel comme espace infini, insondable, et porteur de possibilités illimitées.

La pièce s’ouvre sur un motif récurrent construit à partir de trois gestes timbraux contrastés : une attaque brève et grave (tongue ram) dans les instruments inférieurs du quatuor, une note aiguë tenue au soprano qui se dissout progressivement en bisbigliando, et un son éolien au saxophone baryton. Ce motif réapparaît sous diverses transformations tout au long de la première partie de l’œuvre. Peu à peu, ses éléments se détachent les uns des autres et évoluent en couches indépendantes de sons percussifs (slap, tongue ram, frappes de clés), de textures harmoniques (bisbigliando, trilles, tremolos, multiphoniques, arpèges) et d’effets basés sur le souffle.

Zeruan se déploie ainsi comme un processus de déconstruction : le motif initial se fragmente, permettant à chacun de ses composants de gagner en autonomie et de développer une identité propre. Après une brève mais vigoureuse cadence de baryton — une improvisation créée par Don‑Paul Kahl du quatuor, à partir d’un motif suggéré par la compositrice — la partition se conclut par une vaste coda où le bruit reprend une place centrale.

(Note de programme rédigée par Mikel Chamizo, éditée par Don‑Paul Kahl.)